Le vrai visage des énergies fossiles non conventionnelles

septembre 25, 2013 dans Économie, Énergie, Gaz de schiste par Fabien Beaudet

menteur-mensonge-250Énergie fossile non conventionnelle, l’exploitation du gaz de schiste est une grande menace pour l’eau. Cette affirmation fut mainte fois soutenue par des études indépendantes basées sur des vérifications terrain réalisées aux États-Unis. Chaque puits ne génère pas nécessairement une menace pour les nappes phréatiques. Cependant, plus il y en a, plus la menace est probante. Or, pourquoi les États-Unis se sont-ils lancés avec autant d’ardeur dans cette voie énergétique?

L’article de Nafeez Mosaddeq Ahmed, gaz de schiste, la grande escroquerie repris dans le mensuel français Le Monde diplomatique le printemps dernier, déconstruit toute la logique économique sur laquelle l’industrie états-unienne s’est assise pour mettre en marche cette exploitation au détriment des risques environnementaux. « Bouleversement énergétique ou feu de paille financier? »  Il appert que cette activité que plusieurs se sont tués à décrire comme l’idée géniale du début de ce millénaire s’avère au mieux, une autre bulle spéculative.

L’auteur relève des observations faites par des gens proches de cette industrie. En voici quelques-unes.

  1. L’industrie surévalue systématiquement les réserves potentielles des gisements (ce qui permet la perception d’atténuer les risques financiers)
  2. « Le rendement d’un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d’exploitation ». Donc une durée de vie très écourtée.
  3. Passer d’un puis à un autre rapidement (due à la courte durée) est très intensif en capital d’investissement. Jusqu’à 1000 puis par site!
  4. L’industrie est perçue de plus en plus comme une bulle financière.

 L’idée que cette exploitation permet d’éloigner l’effet du pic pétrolier ne serait que chimère. Une impression renforcée par une analyse approfondie du New Economics Foundation (NEF) qui annonce un retour à la réalité énergétique pour 2014-15, période où le prix de l’énergie assommera l’ensemble des pays occidentaux espérant encore la croissance économique. Car pour ceux qui l’auraient oublié, notre fausse croissance est basée principalement sur deux faits. Un prix d’énergie très bas et la négation du coût des externalités environnementales.

 Croire que la seule motivation pour tous ces bouleversements financiers et environnementaux provoqués par cette activité d’exploitation énergétique se trouve dans la volonté de maintenir l’illusion du paradigme de l’économie du carbone, il n’y a qu’un pas que je franchis. Éloigner chimériquement le pic pétrolier. Éloigner chimériquement une transition énergétique majeure. Nuire aux acrobaties des démocraties pour réduire les émissions carboniques. Voilà du beau travail corporatiste. Mais un grand pas en arrière, un gachis pour nos civilisations et nous, une espèce menacée, comme beaucoup d’autres.

L’article du Monde diplomatique :  Gaz de schiste, la grande escroquerie

 

 

 

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