Toute l’économie est subjective

mars 30, 2013 dans Économie, Finance par Fabien Beaudet

Réaction a l’article d’Alexandre Shields dans le journal Le Devoir du 30 mars 2013, Combien vaut la planète.

Mesurer la valeur d’un écosystème est un acte rébarbatif. Car ceux-ci n’ont pas de prix! Mais nous sommes piégés dans une économie anglo-saxonne qui a fait de la nécessité de mesurer toute valeur la base des échanges. Aussi bien le faire tout en demeurant conscient des limites de l’exercice. Une limite dans le contexte de l’économie actuelle. Mais pas nécessairement dans une nouvelle économie, ou le concept « tout marché » aura cédé sa place.

L’idée même de qualifier l’exercice d’évaluer la valeur des écosystèmes d’objectif ou de subjectif est inutile. En la matière, il vaut mieux être approximativement juste que précisément faux. Vous devinez que je parle de notre économie actuelle qui est tout, sauf approximativement juste. Tant que celle-ci ignorera ses externalités (impacte en amont et en aval sur l’environnement), elle demeure un mensonge érigé en système.

Le plus important est de mesurer la valeur des écoservices liés aux écosystèmes. Quelle est sa contribution dans le système global supportant la vie, incluant la nôtre? C’est essentiel! Un exercice que nos gouvernants devraient intégrer automatiquement lorsque viens le temps de prendre des décisions. J’ai estimé que la valeur des écoservices canadiens est presque l’équivalent du son PIB (autour de 1,500 milliard $) alors que la valeur de l’ensemble des écosystèmes est de plus de 4 000 milliards $. (réf. : www.eau-code-rouge.com ! 2012) J’ai également estimé l’impact économique de tenir compte de la valeur des écoservices dans l’usage que nous faisons des ressources naturelles, dont l’eau en particulier.

Cette méthode permet également de mesurer le coût cumulé des éco services dont nous nous privons à travers nos actes de «développements». Par exemple, la perte de 70 % des milieux humides canadiens nous prive annuellement d’écoservices naturels d’une valeur de 2 400 milliards. Une perte qui se mesure par le coût, entre autres des services compensatoires de production d’eau potable, de santé, etc.

En réalité, l’état actuel des écosystèmes planétaire milite en faveur de la protection des écosystèmes en grande priorité et cela, peu importe la valeur de celui-ci.

Actuellement nous sommes dans une salle d’urgence, et les médecins nous regardent crever tout en fumant une cigarette.

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